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Le blog de Ben Tyrion

Germania - Harald Gilbers (Kero, 2015)

31 Mars 2016 , Rédigé par Ben Tyrion

Germania - Harald Gilbers (Kero, 2015)

Mai 1944. Les frappes des alliés font progressivement de Berlin une capitale à l’allure de ruines. Des Juifs, porteurs de l’étoile jaune, y vivent encore, au péril de leur vie. Richard Oppenheimer, un Juif, ancien commissaire de la Kripo, marié à une aryenne (Lisa) est réquisitionné par le SS Vogler, pour mener l’enquête sur une série de crimes odieux : plusieurs jeunes femmes sont retrouvées mortes, le corps mutilé. Malgré l’interdiction pour les Juifs d’exercer, Oppenheimer accepte (a-t-il un autre choix ?) la mission qui lui est confiée, et mène l’enquête. Sur la piste d’un tueur en série, il découvre petit à petit les raisons pour lesquelles les nazis ont fait appel à lui. La vérité s’avère délicate. Écartelé entre d’une part son désir d’impartialité et de justice, et d’autre part les risques évidents qu’il court en tant que Juif, Richard va se retrouver dans une situation où chaque pas vers le criminel pourrait mettre à mal l’élite nazie, et par là même, sa propre vie et son propre avenir…

Avec Germania – son premier roman – Harald Gilbers immerge le lecteur dans la vie quotidienne de Berlin en mai et juin 1944. L’atmosphère de fin de guerre est décrite avec beaucoup de brio, sans excès. D’aucuns ont fait le lien avec le brillant Philip Kerr. Certes, nous sommes plongés dans la même « ambiance », on se plait à retrouver l’hôtel Adlon, cher à Bernie Gunther. Mais ici, le style n’est pas à l’humour ni au cynisme chers à Kerr. Gilbers réussit le tour de force de proposer son intrigue dans un cadre archi-réaliste : l’immersion est parfaite, et le lecteur découvrira avec intérêt l’ambiance berlinoise, plombée par une fin de guerre où le doute s’est installé dans le chef des nazis, où les Juifs et opposants osent à peine ressentir ne serait-ce qu’une étincelle d’espoir, où le Reich est confronté au Débarquement, où la propagande cherche à rassurer, où l’ambition d’un Hauptsturmführer (Vogler) le pousse à séduire sa hiérarchie afin d’obtenir une reconnaissance… Quasi tout est excellent dans ce magnifique opus d’Harald Gilbers, que je ne peux que recommander tant aux passionnés de la 2e Guerre Mondiale qu’à ceux qui voudraient en savoir un peu plus, tout en passant de bonne heures de plaisir à tâtonner avec Oppenheimer à la recherche du tueur de ces dames et de ses raisons d’agir… Un excellent roman policier !

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