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Le blog de Ben Tyrion

Benoît Minville - Rural noir (Gallimard/Série noire, 2016)

2 Mai 2016 , Rédigé par Ben Tyrion

Benoît Minville - Rural noir (Gallimard/Série noire, 2016)

Résumé de l’éditeur: «Ados, Romain, Vlad, Julie et Christophe étaient inséparables, ils foulaient leur cambrousse dans l'insouciance. Tout a changé cet été-là. Un drame, la fin de l'innocence. Après dix ans d'absence, Romain revient dans sa Nièvre désertée, chamboulée par la crise, et découvre les différents chemins empruntés par ses amis. Oscillant entre souvenirs de jeunesse tendres ou douloureux et plongée nerveuse dans une réalité sombre, Rural noir est la peinture d'une certaine campagne française. Un roman noir à la fois cruel et violent, mais aussi tendre et lumineux ; évoquant la culpabilité, l'amitié et la famille. Dans la tradition du country noir américain, territoires ruraux et laissés-pour-compte côtoient ceux dont on parle peu au milieu d'une nature «préservée» – ou en friche».

Mon avis: Comme le relate le résumé du livre, l’histoire commence quand Romain rentre au village, 10 ans après son départ. Les chapitres alternent entre le présent et le passé du « gang » constitué par Roman, Chris, Vlad et Julie. Vlad a déraillé, s’est séparé de Julie, qui a trouvé refuge dans les bras de Chris. Romain, son frère, qui était par le passé attiré par Julie, est hanté par ses émotions passées, par le souvenir de cet amour secret. Quant à Vlad, c’est avec Cédric qu’il fait désormais des «affaires», Cédric «l’étranger», celui dont les parents se sont installés au village, qui n’était pas le bienvenu, mais qui s’était juré de marquer son territoire et d’y faire la loi. Au retour de Romain, les pires malheurs s’enchaînent, entre les règlements de compte entre les bandes dans lesquelles Vlad s’est fourré, et coups de gueule entre frères (celui qui part est toujours vu comme le lâche qui a fui pour avoir une vie plus facile, débarrassé des emmerdes de la place, et celui qui reste est pour sa part celui qui n’a pas voulu voir autre chose, qui s’est entêté dans une vie peut-être plus sécurisante – quoique…).

Avec Rural noir, Benoît Minville nous dépeint le portrait d’une campagne où tout chavire quand ses jeunes vont chercher le contact avec les bandes urbaines. Une campagne où la nostalgie du passé ne pourra jamais le faire revivre, où les erreurs du passé pèsent lourdement, mais où la solidarité entre potes, au-delà de la complexité des relations, au-delà des errements de chacun, domine et permet de surmonter l’épreuve que peut constituer le fait qu’un ami a pris un chemin qu’on lui a pourtant maintes fois recommandé de ne pas emprunter. Peut-être parce qu’on aime plus que tout y rester «entre soi»? L’auteur ne répond pas à toutes les interrogations, et laisse le lecteur libre d’interpréter sa lecture d’un certain milieu rural.

L’écriture est forte et sans concession. Si je n’ai pas été totalement convaincu par des personnages un peu trop caricaturaux à mes yeux, j’ai toutefois, paradoxalement peut-être, apprécié la force des sentiments que l’auteur a voulu communiquer à ses lecteurs.

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