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Le blog de Ben Tyrion

Stuart Neville - Les fantômes de Belfast (Payot&Rivages, 2011)

26 Mai 2016 , Rédigé par Ben Tyrion

Stuart Neville - Les fantômes de Belfast (Payot&Rivages, 2011)

Résumé de l’éditeur: Signé le 10 avril 1998, l’Accord de Paix pour l’Irlande du Nord a mis un terme à des années de guerre sanglante. Pourtant les anciennes haines n’ont pas totalement disparu. Depuis qu'il est sorti de prison, Gerry Fegan, ex-tueur de l’IRA, est devenu dépressif et alcoolique. Il est hanté par les fantômes des douze personnes qu’il a assassinées et ne connaît plus le repos. Le seul moyen de se débarrasser de ces ombres qui l’assaillent est d’exécuter un par un les commanditaires des meurtres. Dont certains sont aujourd’hui des politiciens en vue dans la «nouvelle Irlande». Gerry Fegan est devenu dangereux, il faut s’en débarrasser. Une double chasse à l’homme commence...

Stuart Neville, révélation du roman noir irlandais, signe un thriller implacable où dominent la tension et l'effroi. Il raconte aussi une étonnante histoire d’amour.

«Le meilleur premier roman que j’ai lu depuis des années... Une folle virée au pays de la terreur.» (James Ellroy)

Mon avis: Les avis assez favorables voie élogieux à propos des Fantômes de Belfast, ainsi que le sentiment amplement positif que m’a laissé la lecture de Ratlines, du même auteur, m’ont incité à me plonger dans ce premier volet de la Trilogie irlandaise.

Est-ce la fatigue, toujours est-il que j’ai eu beaucoup de mal à entrer dans l’histoire, mais j’ai bien fait de m’acharner, car en définitive, il s’agit d'une brillante réussite sur un thème qui doit hanter l'auteur lui-même. Il faut souligner le brio avec lequel Neville s'engage sur un terrain sans doute encore «miné». Pour prendre une analogie, on peut s'accorder sur le fait qu'il est «facile» d'écrire un roman, depuis l'Europe, sur le conflit coréen. Mais quid d'un Coréen qui écrirait aujourd'hui sur la situation de son pays?

Neville en est là, vivant lui-même en Irlande du Nord, il ose faire œuvre à partir d'un conflit encore chaud, là où toutes les peines ne sont pas encore révolues, où les rancœurs font encore parfois la loi... il s’engage, il ne porte pas nécessairement une parole de réconciliation, quoique, on «sent», dans le parcours de Fegan, la volonté de suivre une voie de rédemption... Bref, mis en contexte, le récit prend encore plus d’épaisseur et on comprend mieux le coup de force de l’auteur! Car mettre sur la piste de ses commanditaires, pour les assassiner, un ex-membre de l’IRA, n’est sans doute pas anodin dans une Irlande du Nord qui s’est certes redressée, mais où tout pourrait basculer. Certes, Fegan a purgé sa peine, mais il reste explicitement hanté par la présence de celles et ceux qui ont perdu la vie par ses exactions, à la demande de politiciens avides de renommée. L’IRA a baissé pavillon après les accords de paix de 1998, mais les membres des groupes de soutien au pouvoir britannique abattus par Fegan entendent faire payer aux responsables de ses crimes. C’est ainsi que Gerry Fegan, se rangeant de leur côté, pour trouver le sommeil et la paix intérieure, entame une véritable chasse à l’homme sur la piste de ses commanditaires. Il retrouvera des politiciens en passe d’être déchus, il trouvera ce qui pourrait ressembler à de l’amour… mais lui aussi devient la cible d’anciennes gloires de l’IRA qui ont surfé sur la vague des accords de paix pour redorer leur blason et tirer leur épingle du jeu.

Le chassé-croisé est tendu tout au long du récit. L’atmosphère, très visuelle, est pesante. J’ai ressenti un certain manque d’épaisseur des personnages, mais qui est rattrapé par une mise en scène assez remarquable à mes yeux.

Un très bon roman, sur fond de situation politique tendue, dans lequel on ressent l’implication personnelle de l’auteur.

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