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Le blog de Ben Tyrion

Philip Le Roy - La Porte du Messie (Le Cherche Midi, 2014)

3 Juin 2016 , Rédigé par Ben Tyrion

Philip Le Roy - La Porte du Messie (Le Cherche Midi, 2014)

Résumé de l’éditeur: Aux funérailles de ses parents, Simon Lange, diplômé en théologie, apprend qu’il a été adopté. Son père lui a laissé des documents liés à ses origines dans un coffre à Jérusalem. Il s’y rend en compagnie de Markus, un ami de la famille. Le coffre est vide. Le soir même, d’étranges événements surviennent devant la porte du Messie, celle par laquelle, selon la tradition juive, le Messie entrera dans Jérusalem. Markus disparaît peu après.

Accompagné de Sabbah, une jeune Syrienne travaillant pour l’Unesco à Paris, Simon se lance à sa recherche. Il découvre alors que son père et Markus poursuivaient des investigations sur le Coran. Sa quête le mènera tant sur ses propres traces que sur celles des plus anciens manuscrits coraniques. Poussé à percer le mystère du Livre saint, il devra décrypter des énigmes historiques et religieuses et échapper à ceux qui veulent à tout prix garder secrète l’incroyable vérité.

Fondé sur des recherches historiques, théologiques, linguistiques, archéologiques et littéraires encore peu diffusées sur les origines du Coran et les rapports entre islam et christianisme, Philip Le Roy nous offre un roman aussi passionnant qu’érudit et conjugue à merveille suspense et histoire.

Mon avis : Ce qui m’a avant tout attiré vers ce roman, c’est l’intérêt que je peux porter aux religions, dans tous leurs aspects, en particulier à leurs origines. En l’occurrence, j’avais glané ça et là quelques informations m’indiquant que je trouverais sans doute «mon pain» dans le roman de Philip Le Roy.

La thèse de fond – polémique – soutenue par les héros du livre est qu’on doit la rédaction de la première version du Coran a une secte chrétienne, qui l’a utilisé au départ pour reprendre le contrôle de Jérusalem, s’alliant pour ce faire les services de différents peuples arabes, qui déformèrent ensuite le récit, pour des raisons politiques, dans leur propre intérêt. Je ne me prononcerai pas ici sur la validité de cette thèse philologique – soutenue, d’après Le Roy, par Luxenberg, et mise à l’épreuve parmi les arabisants et les syriacisants. Le matériau de base est évidemment remarquable et on prend intérêt à fouiner parmi les sources de l’auteur. La philologie, la théologie et l’histoire des religions sont évidemment des sciences passionnantes!

Il est évident que l’imagination foisonnante des romanciers peut parfaitement «rebondir» et créer des intrigues palpitantes à partir de ce genre de thèses. J’avoue toutefois, en l’espèce, avoir été particulièrement déçu par ce que nous propose ce roman. Le personnage central, Simon, m’a semblé sans aucune épaisseur, de même que tous ses interlocuteurs. J’ai souri quand j’ai lu qu’il demandait la signification des initiales BnF (alors qu’il est censé avoir étudié la théologie à Paris…). Les concours de circonstances sont souvent bien nécessaires dans les romans policiers (bien qu’il ne s’agisse pas ici d’un policier au sens où on n’est pas en présence d’une bande de flics, on suit tout de même une enquête…), mais ici, ceux-ci sont souvent bien trop simplistes. Il y a beaucoup trop de raccourcis à mes yeux. Il n’y a pour ainsi dire aucune émotion qui ressort de ma lecture. Bref, l’intrigue ne m’a bien malheureusement pas du tout convaincu, même si j’ai appris des choses sur le plan historique et que je suis allé fouiner dans certaines sources de l’auteur. Comment se fait-il qu’avec autant d’érudition, autant de matière palpitante, je garde un sentiment plus que mitigé de cette lecture?

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