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Le blog de Ben Tyrion

Sébastien Japrisot – La dame dans l’auto avec des lunettes et un fusil (Denoël, 1966/Folio Policier, 1998)

28 Juin 2016 , Rédigé par Ben Tyrion

Sébastien Japrisot – La dame dans l’auto avec des lunettes et un fusil (Denoël, 1966/Folio Policier, 1998)

Résumé de l’éditeur : Elle est la plus blonde, la plus belle, la plus myope, la plus sentimentale, la plus menteuse, la plus vraie, la plus déroutante, la plus obstinée, la plus inquiétante des héroïnes. La dame dans l’auto n'a jamais vu la mer, elle fuit la police et se répète sans cesse qu'elle n’est pas folle… Pourtant… Ce qui lui arrive est à n'y rien comprendre. On lui a cassé la main, dans une station-service. Juste la main, sans lui prendre l’argent. Comme pour lui dire que partout, où qu’elle soit, on pourra lui faire mal, par petits bouts, jusqu’à la fin, que jamais, quelle que soit la fuite, elle ne pourra être seule, libérée de ce qu’elle sait, du passé et de ce qu’elle cache...

Mon avis : Coup de maître ! Bluffant ! Avec La dame dans l’auto… Sébastien Japrisot a signé, il y a 50 ans, un roman de grande classe. Loin des poncifs du genre, ce roman nous embarque dans une histoire rocambolesque, dont Dany Longo, jeune et jolie dactylo dans une société de publicité, est l’héroïne. Le livre est essentiellement écrit à la première personne du singulier et Dany en est la narratrice principale. Elle a soif d’horizons nouveaux, elle veut se libérer du joug de son patron, Michel, et de sa femme – pourtant amie – Anita. Après avoir « emprunté » la voiture de son boss pour aller voir la mer, la voilà partie dans une sorte d’Odyssée, à la recherche d’elle-même, avec pour bagages son passé et sa relation d’amour-haine avec Anita et Michel, son charme et sa capacité à tromper son monde…

On doute de bout en bout, tout au long du récit. Japrisot, dont la plume est particulièrement soignée, se joue de son lecteur et, en ce qui me concerne, avec brio !

Nul doute que ce roman est un « bijou » dans sa catégorie. Pas vraiment un polar, mais plutôt un roman à la croisée du roman noir et du roman à énigme. Que les lecteurs soient cependant avertis : les descriptions sont longues, on tourne vraiment en rond, mais c’est pour mieux pénétrer la psychologie de Dany, pour mieux ressentir chaque détail. L’action est bien là, mais c’est essentiellement le ressenti des scènes et de l’enchaînement des événements qui domine l’intrigue. Il existe des auteurs capables de nous faire douter du début à la fin, sans nous assommer par une action sans reprise de souffle ni par une succession d’enchaînements logiques, et Japrisot est de ceux-là !

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